Elle et son équipe du MIT ont été chargées de concevoir le logiciel de vol embarqué pour le Module Lunaire (LEM) et le module de commande.
C'était une mission cruciale : ce logiciel devait être absolument parfait, car la vie des astronautes en dépendait. L’informaticienne et son équipe ont travaillé avec rigueur et précision, anticipant tous les scénarios possibles, même les plus improbables.
Le fameux bug 1202
Juste avant l’alunissage d’Apollo 11, alors que le module lunaire était à quelques minutes de la surface de la Lune, une alarme inattendue s’est déclenchée : l’alarme 1202.
Grâce au système de détection d’erreurs conçu par Margaret Hamilton et son équipe, l’ordinateur de bord a pu identifier un problème : le radar de rendez-vous, qui n’était pas nécessaire pour l’alunissage, envoyait trop de données à l’ordinateur. Cela risquait de surcharger le système et de provoquer un crash.
Margaret Hamilton durant le programme Apollo. - NASA
Cependant le logiciel de Margaret était intelligent. Il était conçu pour donner la priorité aux tâches les plus importantes, comme l’alunissage. Face à la surcharge, il a automatiquement mis de côté les tâches moins critiques (celles du radar de rendez-vous) pour se concentrer sur l’essentiel. C’est ce qu’on appelle une programmation asynchrone et une gestion des erreurs très avancée pour l’époque.
Le contrôleur de vol, Steve Bales, a fait confiance au logiciel et a donné le feu vert pour la poursuite de l’alunissage. Quelques instants plus tard, Neil Armstrong et Buzz Aldrin se posaient sur la Lune. Sans la prévoyance et la rigueur de Margaret Hamilton et de son équipe, la mission Apollo 11 aurait pu échouer. Son travail a été absolument fondamental pour ce succès historique.